Avis de l'ADEME sur les nouveaux compteurs électriques

Publié le par pourbatirautrement

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La majorité des compteurs électriques (environ 17 millions) n’étant actuellement pas installée dans les logements, la lecture de la consommation en temps réel à travers un affichage intégré au compteur ne pourra pas être faite de manière aisée. Plusieurs autres dispositifs sont étudiés ou envisageables parmi lesquels un service d'information sur Internet, l’installation d’un affichage déporté grâce à des matériels supplémentaires ou l'envoi de SMS.

 

Le service d’information en ligne sur Internet peut apporter un traitement utile de l’information. Il implique toutefois

que l’usager fasse la démarche de se connecter sur un site pour suivre sa consommation. L’étude réalisée en

2010 pour l’ADEME souligne le risque que le niveau de consultation de ce service soit faible et que ce dispositif

soit moins efficace pour susciter des évolutions de comportement au quotidien qu’un afficheur ou une alerte

directement envoyée au consommateur, par exemple par SMS.

 

La mise en place d’un affichage déporté nécessiterait des aménagements. ERDF a prévu un emplacement dans

le compteur pour accueillir un module radio d’émission de données. Cela suppose toutefois un investissement

supplémentaire qui ne sera pas réalisé par tous les consommateurs s’il n’est pas installé systématiquement et gratuitement avec le nouveau compteur. D’après le gestionnaire de réseau, le coût du matériel pour un affichage déporté (module d'émission et afficheur) serait d’environ 50 euros, ce qui représenterait 850 millions d’euros hors frais de pose en cas de généralisation. Ce coût devrait pouvoir baisser avec l'effet de volume. Par ailleurs, une adaptation de la solution technique aux caractéristiques des consommateurs devrait également permettre de limiter ce coût.

 

L’affichage sans fil pose, quant à lui, la question de la sensibilité du grand public aux « ondes ». La puissance de l’émetteur est cependant au moins 100 fois inférieure à celle d’un téléphone portable pour des gammes de

fréquences comparables.

 

Dans le cadre des expérimentations menées en France, il semble donc indispensable de tester diverses

solutions permettant d’informer le consommateur de façon directe, rapide et simple, afin d’évaluer leurs

effets. Ce retour d’expérience prendra du temps (au moins une année complète d’expérimentation) et dépendra

de la capacité des différents acteurs à se mobiliser rapidement.

 

Des expériences sont actuellement menées par Landis+Gyr en Angleterre (Centrica et British Gas), aux USA

(Oncor au Texas) et en Italie (Acea). Elles permettront également d’évaluer la facilité d’appropriation de

l’information par le consommateur, et notamment l’intérêt de fournir des points de comparaison indiquant aux

consommateurs leur niveau par rapport à une référence.

 

Enfin, des améliorations pourraient être apportées sur le format de l’information délivrée afin d’en faciliter la

compréhension par le consommateur. Ainsi, il serait intéressant de hiérarchiser les 10 index affichables, par ordre croissant de tarif par exemple. Cela permettrait également d’éviter des incohérences dans les index lors de

changements de fournisseur d’énergie ou de services énergétiques. En l’état actuel, le fournisseur a la possibilité

de modifier le libellé des index ; une réflexion de normalisation est en cours, en vue de faciliter l’interopérabilité

des systèmes en aval du compteur.

 

En conclusion

 

Si le compteur Linky, tel qu’il est actuellement conçu, apporte des bénéfices en termes de comptage et de

gestion du réseau électrique voire de diminution du contenu CO2 du kWh électrique, ses bénéfices pour

le consommateur en termes de maîtrise de la demande restent encore théoriques. Divers retours d’expériences étrangères montrent que le compteur communicant peut être un instrument efficace s’il est intégré dans une politique globale d’économies d’énergie incluant différentes mesures incitatives pour le consommateur (mesures tarifaires, outils de communication…).

 

L’ADEME recommande que tous les consommateurs puissent avoir accès directement et gratuitement

sans démarche active de leur part à des informations minimales sur leur consommation leur permettant

de mieux maîtriser leurs usages sans avoir à passer par des services ou des prestations payants supplémentaires. Les informations les plus adaptées et leur mode de communication devraient être

validées dans le cadre d’expérimentations. En particulier, cela doit permettre de valider l’intérêt que ces

informations soient fournies en temps réel.

 

www.ademe.fr

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